Les Crêtes Vosgiennes 2020

2020… des Crêtes si particulières ! Non prévues à mon programme 2020, fondamentalement bousculé par la crise sanitaire, ses Crêtes sont finalement mon premier dossard de l’année. Quelle drôle de 45ème édition, programmée, puis interdite, puis finalement autorisée sous certaines conditions, comment ne pas y participer et saisir cette chance symbolique de pouvoir à nouveau porter un dossard. Conscient que cette épreuve fait partie des fondamentaux du trail sur le plan local, national et sans doute international les Crêtes ont une saveur si particulière. Et même si les conditions du déroulement de cette année 2020 ne sont peut-être pas des conditions en harmonie avec l’idéal du trail et plus généralement des courses natures, elles ont quand même eu de bons côtés inattendus, comme des départs en petits comités (que je considère comme un bon côté, mais c’est un point de vue personnel) ou encore des ravitaillements minimalistes mais au final tellement suffisant, obligeant le coureur à encore mieux travailler sa préparation tant sur le plan sportif que sur celui de la gestion logistique. C’est bien par vagues de 50 coureurs que le départ est donné et rendu possible des organisateurs parfaitement briefés et des coureurs tout autant disciplinés. C’est presque intimiste, si loin et différent du presque milliers de coureurs des années précédentes. Pareil sur le parcours, au premiers rétrécissement au niveau de la remontée mécanique du Steinlebachrunz, pas d’embouteillage, personne ne gêne personne, tout le monde peut aller à son rythme, c’est fluide, c’est agréable. Le circuit, quant à lui, reste fidèle avec ses multiples montées et descentes à répétition et ses parties plus techniques après la Schlucht. C’est un parcours qui se court avec de la force physique des jambes, mais aussi avec la force mentale et la capacité de bien gérer ses forces pour ne pas s’épuiser pour s’effondrer dans les derniers kilomètres. Les randonneurs sont aussi là, la plupart du temps sur le côté des chemins à nous encourager, parfois admiratifs, parfois indifférents mais toujours regardant. Le soleil brille, puis quelques foulées plus tard une légère pluie tombe; le vent nous porte, puis quelques foulées plus tard, en tournant, nous freine; le parcours est roulant, puis quelques foulées plus tard, il devient technique; nous montons , puis quelques foulées plus tard, nous descendons; nous sommes cachés dans les bois, puis quelques foulées plus tard, nous sommes les spectateurs privilégiés de la grandiose ligne bleue des Vosges ; nous sommes sur de larges chemins, puis quelques foulées plus tard, nous sommes sur des sentiers étriqués ; nous sommes dans un superbe état d’esprit, puis quelques foulées plus tard, nous pestons; nous courons les Crêtes Vosgiennes, puis quelques foulées plus tard, c’est déjà fini. Pour ma part je finis cette course en 3h04, placé à une satisfaisante 64ème place sur environ 950 coureurs, en passant la ligne d’arrivée avec le masque sur le visage. En apparence, cela pourrait avoir un côté désolant, mais ce masque cache juste un sourire heureux d’avoir pu courir ses Crêtes, d’avoir pu enfin porter un dossard, enfin bref simplement d’avoir été là. Vivement l’année prochaine.

Une pensée aux soignants et aux malades qui se sont battus et qui continent à se battre.

blanc

Author: Arnaud MICHEL

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