Le récit de mon Belfortrail 2019 (56km; 3000 md+)

C’est pour moi la troisième participation au Belfortrail ! Ça ne commençait pas forcément très bien, puisque je me suis aperçu que j’avais oublié mon tee-shirt de course et j’avais pris avec moi la mauvaise topographie (celle de l’an passé) ! Comme sur ma première édition, le départ est donné à 7h00 et le speaker nous annonce un parcours légèrement modifié en raison de travaux forestiers et certains tronçons particulièrement détrempés par les pluies continues de la veille. Ce même speaker nous annonce 539 concurrents sur la ligne de départ, pour environ 80 femmes, soit cents coureurs de plus que l’édition de l’an passé.  Le départ est donné, et au bout de 100 m, une douleur gênante apparaît subitement dans le bas du dos qui va s’avérer, sur certaines foulées, tout simplement douloureuse. Je me demande à cet instant, alors que nous n’avons même pas quitté la ville de départ Giromany, si c’est bon pour moi de continuer. Je tente tout de même l’aventure en me disant qu’une fois chaud, cette gêne ne me pénalisera plus pour courir…

Le peloton de coureur s’étend rapidement et il ne faut pas longtemps pour comprendre ce que le speaker voulait dire par “chemin détrempé” : en effet les sentiers regorgent d’eau avec des minis ruisseaux qui viennent sur le côté des pentes de la montagne. Un peu plus tard, certains chemins se transformeront en carrément en torrent que nous devons traverser. Nos pieds passent de secs à humides à complètement trempées en seulement quelques foulées ! Je me rends compte qu’à cet instant, ce sera une journée canyoning et non pas trailrunning ! À l’entrée des bois, des tubes fluorescents disposer à droite et à gauche du chemin ainsi que des cracheurs de feu avec les torches nous accueillent alors que le jour ne s’est pas encore levé: superbe animation, un grand bravo à eux. La première ascension (longue de 3km en direction du Mont Ordon-Verrier) est sur le papier relativement courte mais pour ma part, je la trouve interminable. Arrivée en haut, nous descendons sur le village de Lepuix dans la continuité de la vallée de Giromany (la partie la plus plane de ce trail) pour enchaîner immédiatement la première grosse montée de ce trail qui nous mène vers le Ballon d’Alsace.

À cet instant, j’ai l’impression que nous avons déjà couru des heures mais en regardant ma montre je m’aperçois avec étonnement et un peu de déception que nous venons de parcourir à peine 7 km ! C’est à ce moment-là que je prends conscience que ce trail là va être long pour moi. La lueur rouge du soleil qui se lève et traverse la foret, c’est assez joli à voir et j’ai hâte de monter sur le ballon d’Alsace puisque je me souviens l’an passé que nous avions de la en haut une vue imprenable sur les Alpes. Avant d’y arriver, il faut monter environ 7 km. Pour ma part je ne trouve pas encore vraiment de plaisir à être là, parce que mon dos me gêne toujours autant et que je n’ose pas forcément faire de folies sous peine de tout casser ! L’ascension n’est pas de toute simplicité bien qu’il n’y ai pas d’énormes pentes très raides à gravir, nous arrivons sur les hauteurs du ballon d’Alsace (point culminant de la boucle à 1241 m d’altitude) , il fait déjà jour et en se retournant, on devine, cachée par des nuages, la magnifique chaîne des Alpes. Il n’y a malheureusement pas trop de temps pour en profiter, à peine le temps de faire deux ou trois photos complètement ratées et il faut attaquer la descente du Ballon d’Alsace. Fort heureusement, Nicolas FRIED, de l’Alsace en Courant, est là pour photographier les coureurs… une fois de plus Nicolas donne de sa personne par amour du trail. Pour ma part, je n’y trouve toujours pas plus de plaisir car je trouve le  chemin de descente est particulièrement technique: c’est le genre de chemins sur lesquelles je ne suis pas forcément toujours à l’aise; d’autant que les feuilles mortes fraîchement tombées, la pluie de la veille le tout posé sur des racines et des rochers humides ne me mettent pas très en confiance. Je me fais dépasser par pas mal de coureurs, ce qui, en plus de mon pépin de dos, ne me redonne pas forcément le moral.

Au bout du 25ème kilomètre , la douleur au dos commence à s’estomper et je me dis que ma course peut enfin commencer ! Nous descendons vers le Lac de Alfred qui symbolise la moitié de cette course, et la fin de la partie la plus difficile de ce trail ! Nous enchaînons les kilomètres, plus nous avançons, plus je me sens bien mais au checkpoint de l’abri du Graber (39ème kilomètre), le gars du team chrono m’annonce que je suis à la 120ème place ! Je suis déçu, je m’énerve avec moi même et je me promets de tout donner dans les 17 dernières kilomètres pour m’éloigner de cette place qui ne me satisfait pas. Le troisième ravitaillement est devant moi, il  signifie également, que nous sommes au pied du téléphérique de la Schlumpf sous lequel nous allons devoir monter et prendre 350m de d+ sur 1km ! Bonheur garantie. Remonté à bloc comme un All-Black durant le Haka, j’attaque le morceau en poussant comme un dératé sur les bâtons, la sueur coule à flot sur le front et le visage et je parviens à trouver de la force pour relancer directement au haut de la piste ! La dernière partie est plus roulante, moins technique, propice à la vitesse et dépenser les dernières forces! Mais que la descente sur Belfort à travers les bois sur un sentier monotrace dans une forêt aux couleurs de l’automne est génial ! J’adore ce tronçon, c’est vraiment super à pratiquer, ce slalom entre les arbres est un peu l’apothéose de ce trail de 56 km et 3000 md+ et 3000 md-! Je franchis la ligne d’arrivée en 07h21 (-1h00 sur mon édition 2018, mais sur un parcours modifié, sans doute plus simple?) tenue par Joachim au chrono accompagné d’un speaker à mourir de rire !

Un grand bravo à Antoine, qui m’accompagnait sur ce trail qui parvient à le finir sous la barre des 10h00, conformément à son objectif ! Pour ma part c’est la course qui conclue une saison pleine et intense avec les 101km des Courses Nature de Niederbronn (récit ici), le 90km Grand Trail de la Vallée des Lacs (récit ici), le 101km de l’Eiger Ultra Trail (récit ici) et les Crêtes Vosgiennes (récit ici). Un petit mot aussi pour mon nouveau sac d’eau que j’ai porté sur ce trail: le “Salomon Adv Skin 5 set” trouvé à Endurance Shop Strasbourg: c’est tout simplement le meilleur sac que j’ai eu pour le moment; tout y est: l’ergonomie des poches, la praticité, le maintien est parfait: je recommande !

Les photos du trail par l’Alsace en Courant c’est par ici (album 1) et ici (album 2)

Les résultats 2019 c’est par ici.

Le site officiel du Belfortrail c’est par ici

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Author: Arnaud MICHEL

2 thoughts on “Le récit de mon Belfortrail 2019 (56km; 3000 md+)

  1. Salut Arnaud. Tu y étais aussi!!. C’est clair une édition bien humide mais une fois de plus, une bien belle organisation …..et dire que je n’ai même pas essayé d’apercevoir les Alpes à l’horizon………si j’avais su…..
    A bientôt.

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