Le récit de mon Belfortrail 2018

Déjà engagé sur le Belfortrail il y a deux ans (mon récit ici) je chausse mes baskets pour m’aventurer une dernière fois en 2018 dans les Vosges avec un dossard. La boucle est bouclée puisse que cette saison avec commencé avec les courses du Grand défi Vosges dans les Vosges du Nord. Même si cette course n’était pas inscrite à mon programme 2018, j’avais envie de remonter sur les sentiers une dernière fois cette année et ce tout juste un mois après mon Belle-Ile-En-Trail. C’est également un chouette instant puisque ça m’a permis de me remémorer mon tour de la vallée de la Thur, à quelques kilomètres de là, que j’avais fait en solitaire courant le mois de mai. Mais avant toute chose je tiens à remercier Bercelyne et Marc sans qui je n’aurais certainement pas pu courir cet épreuve: en effet la veille, en voulant remplir ma gourde d’eau alors que j’étais déjà dans ma chambre d’hôtel sur Belfort, je me suis rendu compte qu’elle était fuyarde! Nous étions le samedi,  20 heures et plus moyen de trouver une solution de dépannage sur Belfort; Bercelyne me préparant une poche d’eau de rechange et Marc qui a fait le trajet Strasbourg – Belfort m’ont tous les deux rendu ce service car j’étais à deux doigts de rentrer à la maison sans même avoir couru. Marc, le porteur de gourde n’a jamais aussi bien porté son nom !

Nous sommes dimanche, il est sept heures après le retrait du dossard et un court briefing, il faut déjà partir ; le début de course est une nouveauté pour tout le monde car cette année le tracé n’empruntait pas le parcours habituel: les chasseurs opérant sur la zone du parcours n’ont pas souhaité que à la course se fasse sous zone de chasse et il a fallu que les organisateurs revoient leur copie tout en gardant la distance et le dénivelé annoncé : 56 km pour 3000 m de dénivelé positif. Nous pourrons partir, lampe frontale sur la tête en direction de la forêt et surtout des premières montées. Cette première partie du parcours jusqu’au Ballon d’Alsace est réputé la plus difficile… et ce n’est pas pour rien car ça monte assez sèchement alors que les muscles sont encore engourdis. La première étape est le Ballon d’Alsace qui est également le point culminant de cette course (1239 m d’altitude sur ma montre). De terribles montées sont à gravir, montées dans lesquelles il est tout simplement impossible de courir ! Dès le départ on a la confirmation d’un tracé dur et exigeant. Pour ma part pas, de folie, je sais que la route va encore être longue… mais après 2h10 d’effort, le premier ravitaillement est déjà devant nous.

Ce fût dur mais mis la récompense en vaut peine : le soleil vient déjà de se lever les chaumes ont déjà leurs couleurs automnales, nous sommes au-dessus d’un mer de nuage qui inonde la vallée et cerise sur le gâteau, au-dessus des nuages, on aperçoit la chaîne des Alpes! C’est tout simplement formidable, exit la course et durant un instant je me prends le temps de contempler et de faire quelques photos car nous sommes aussi là pour se faire plaisir.

La suite, en direction de Rouge gazon est plus simple et plus courable, les jambes peuvent enfin se laisser aller, bien qu’il faut rester prudent car de nombreux obstacles comme des racines ou des cailloux sont parfois cachés sous le tapis de feuilles mortes fraîchement tombées des arbres. Ce tronçon est plus boisé mais agréable, car plein de couleur. Les poussés sur les bâtons sont de plus en plus fréquentes durant les montées et nous arrivons déjà à ce que j’avais considéré comme la moitié de la course, au niveau du Lac des Perches. Dans la descente qui mène au lac, je sens dans ma jambe droite un début de crampe qui m’oblige à lever considérablement le pied et ralentir mon rythme de croisière… les coureurs que j”étais parvenu à dépasser sur les kilomètres précédents me repassent devant sur une seule et unique descente !

Mais pas le temps de s’apitoyer sur mon sort il faut continuer pour rejoindre le lac du Grand Neuweiher. Quelques montées plus ou moins difficiles et quelques descentes tout aussi compliquées plus tard, nous passons au Lac d’Alfeld où un groupe de supporters c’est amassé pour nous encourager et nous redonner un peu de force. Et de cette force nous en aurons grand besoin car il faut à nouveau remonter sur les hauteurs (et oui, il faut bien les chercher les 3000 m de d+)  : en l’espace de 3 km nous regagnons 400 m de dénivelé positif. Je suis alors intégré à un petit groupe de traileurs qui avancent globalement au même rythme. Mais c’est à ce moment-là, aux pieds des pistes de la station de ski du ballon d’Alsace que la vraie mais aussi la dernière complication de cette épreuve commence : en effet les organisateurs nous ont gâté puisque nous allons devoir remonter sous une remontée mécanique toute une piste de ski le grand Langenberg puis la piste de la Différé, de pistes de ski toutes les deux annoncées pistes noires. Et c’est franchement compliqué l’organisation nous a gâté, plaisir d’offrir j’aime recevoir ! Je pousse comme jamais sur mes bâtons, les coureurs qui n’en sont pas pourvus utilisent les mains ; et c’est une demie heure plus tard, sous un soleil particulièrement généreux en cet après-midi du mois d’octobre que nous arrivons au bout de la bête, les jambes en feu et le visage ruisselant que nous rejoignons le troisième et dernier ravitaillement situé quelques mètres plus loin.

Je reprends quelques forces, remplis une dernière fois ma gourde, pour rejoindre l’arrivée. Une certaine euphorie me gagnera à ce moment-là puisque la dernière descente longue de 9 km, sera courue à une vitesse moyenne de 10 k/h. Petit à petit la voix du speaker se fait entendre à travers la forêt, on sent que la ligne d’arrivée n’est plus très loin… Les premières maisons de Giromany apparaissent devant nous pour enfin laisser place à l’arche d’arrivée. Je finis cette course très compliquée à la 102e places sur 401 partants en 8h21min. Ma trace Movescount est ici.

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Selon moi, quelques autres points remarquables sur cette course :

  • Le Belfortrail, c’est un gros travail de balisage: il impossible de se tromper de route, même endormi et épuisé ! Des point rose, des petits drapeaux, des rubans dans les arbres, des flèches, c’est un gros travail de la part de l’organisation
  • Le Belfortrail, c’est aussi des bénévoles aux petits soins des coureurs ! 3 ravitaillements et des gens plus sympas les uns que les autres! Un grand merci à eux.
  • Le Belfortrail c’est pour moi le plus difficile trail des Vosges avec des montées techniques, des descentes abruptes, des pierriers, une piste de ski noire à monter en tout droit ! bref c’est du lourd !
  • Et enfin, c’est pour moi un trail qui respecte l’esprit trail: sans chichis mais très bien organisé, on reste sur un trail de taille humaine, avec un tarif tout à fait raisonnable sans pour autant avoir une communication assommante et vous noyer de cadeaux qui ne servent jamais à rien. C’est un esprit de plus en plus rare, espérons que les organisateurs sauront conserver cet état d’esprit dans le temps.

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Pour compléter quoi de mieux que les mots de la gagnante féminine de cette édition 2018, Estelle PATOU:

Estelle, comment t’es-tu préparée à cette course ?

En début de saison, je n’avais pas vraiment prévu de faire le Belfortrail mais plutôt de donner un coup de main à l’organisation. En effet, je devais courir le 200km de l’infernal début septembre, donc ma saison se serait arrêtée après cette épreuve. Mais tout ce n’est pas passé comme prévu, j’ai abandonné rapidement sur l’infernal après être partie beaucoup trop vite (mentalement, je pense que je n’étais pas prête à affronter une telle épreuve que j’ai abordée trop comme une course plutôt que comme une grande randonnée) et j’ai donc rebondi rapidement en ma planifiant une belle fin de saison, dont le Belfortrail. Depuis un mois, j’ai enchaîné pas mal de reco du parcours…….la portion entre le démineur jusqu’à la piste noire ( du 19 au 42eme km) je peux dire que je la connaissais par cœur….et ça c’est un sacré atout sur un tel parcours. De plus, j’ai vraiment mis l’accent sur la régénération la semaine précédente, chose que je ne fais pas forcément sur toutes les courses que j’aborde….  (heureusement, car je fais tellement de courses que je ne m’entraînerais plus beaucoup!)

Peux-tu nous faire part de ton ressenti sur le parcours ?

Je connaissais tellement bien le parcours que tout s’est déroulé comme je l’avais prévu ; j’ai même été surprise de ne pas trop subir dans les parties pleines de cailloux et les descentes techniques (mes deux gros points faibles….).  Au 40ème km, ça commençait à tirer un peu, la piste noire fut raide mais je l’ai bien gérée ; c’est ensuite, la dernière petite boucle avant d’arriver au 3ème ravitaillement qui fut un peu laborieuse : comme sur chaque course, je craque toujours un peu sur la fin; peut-être faudrait-il que j’essaie de partir moins vite, mais ce n’est pas facile!

Si tu devais retenir un fait marquant de la course, ce serait ? Et pourquoi ?

Un fait marquant : je pense que l’on peut retenir cette météo magnifique qui nous a régalé tout au long du parcours ; même si je suis pas mal « dans ma bulle » pendant la course, j’ai pu apprécier tous les points de vues exceptionnelles que nous ont offert les Vosges sur le parcours ; certes, j’ai loupé la vue sur le Mont blanc que l’on pouvait voir à plusieurs reprises à priori… tant pis, il faudra que j’y retourne ! Mais je pense que ceux qui ne connaissaient pas le Massif vosgien vont être tentés de revenir courir dans le coin……

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Mon parcours:

Distance totale: 57 km
Altitude maximum: 1243 m
Altitude minimum: 475 m
Denivelé total positif : 3537 m
Denivelé total négatif: -3532 m
Vitesse moyenne: 8.78 km/h
Durée totale: 08:21:27
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