Le récit de mon Ultra Trail des Marcaires 2018

Les Marcaires, après 2 premières éditions sur le 52km (récit ici) et un test sur le Défi du Muhlbach de 32km en off (récit ici)  je m’aventure sur cette toute nouvelle épreuve, l’Ultra Trail des Marcaires, un format 72km / 3700m d+ au cœur des Vosges du Sud. J’appréhende cette épreuve car j’ai toujours eu des pépins physiques sur mes 52km…et ne me laissant par conséquent que peu de bons souvenirs, sauf les paysages exceptionnels du coin.

Après une nuit (très (courte)) passée chez Lionel, ancien collègue qui habite à 2.2km de la ligne de départ, ce qui me permet de me lever en dernière minute, le dossard ayant été récupéré la veille, je me lève sans trop de peine. Un bon café, 3 petits écoliers et la frontale sur la tête plus tard, me voilà sur le lieu du départ, le traditionnel gymnase de la ville de Muhlbach. L’ambiance est intime, il y a peu de coureurs engagés (environ 250), beaucoup ne sont peut-être pas tout à fait réveillé, seul le speaker essaye d’endiabler tout ce monde. Je vois Stéphane BROGNIART s’échauffer je comprends alors que je ne gagnerai pas (…). Les frontales s’allument dans la nuit totale, le briefing simple et concis est donné, tout comme le départ de ce trail, c’est bien parti. Les premiers kilomètres c’est du classique, le long de la voie ferrée de la vallée de Munster, qui permet d’étaler un peu le flot des coureurs. Quelques instants plus tard, nous passons devant Bill, l’ours en bois du fond de la vallée qui, au pied du GR5, t’annonce avec son œil malicieux que la récréation est finie et que les choses sérieuses commencent avec pour débuter la montée vers le Hohneck en 9km pour 800m d+ sur les cailloux et pierriers.

Le pas est bon mais on ne court pas sur l’ensemble de la montée. Passé aux lacs du Fischboedele puis du Schiessrothried dans l’obscurité de la nuit et la forêt, nous atteignons les chaumes en direction de la station de Ski du Gaschney: arrivé sur place, on monte en tout droit sur une piste de ski le long d’un télésiège pour atteindre le Petit Hohneck, puis le Hohneck au bout de  1h45 de course. Les jambes sont chaudes, mais que les jambes : là en-haut le temps est glaciale, le vent terrible avec certaines rafales qui ont même tendance à déséquilibrer durant les foulées. La levée progressive du jour projetant une lumière rougeâtre sur les nuages accrochés aux montagnes rendent le décor idyllique. Nous plongeons direction le lac d’Altenweiher, pour immédiatement remonter direction le Rothenbachkopf situé à 1316 m d’altitude. Cette montée est selon moi l’une des plus compliqué du parcours car bien que forcement longue je l’ai trouvé particulièrement abrupte.  Le premier ravitaillement arrive enfin : du chocolat, du coca, des oranges, c’est le Royal Palace, mais en mieux ! J’échange quelques mots avec les autres coureurs, dont Mathieu (merci à lui pour certaines photos de cet article) avec qui j’avais travaillé il y a plusieurs années et qui s’était mis depuis au trail; les frères Barth et David arrivent aussi, tout le monde se connait ! Nous sommes globalement au premier tiers de la course et le ravitaillement a fait du bien. Je retrouve des jambes et les sensations qui vont bien, de quoi aborder la suite sereinement. Du côté du ciel, c’est idéal, pas trop chaud, pas trop froid, de la luminosité et quand même quelques nuages qui protègent de la chaleur du soleil. En se rendant vers le Lac de la Lauch, le radar emblématique du Grand Ballon se voit au loin : c’est le prochain objectif.

En s’y rendant, je cours sur mes pas de la semaine passée lorsque je me suis aventuré dans mon Tour de la Vallée de Thur de 96km et 4400m d+ en courant et ce à partir du partir du Refuge Edelweiss au 40ème kilomètre du parcours de l’UTDM. Et justement à notre gauche, on aperçoit l’ensemble la vallée de la Thur, qui est simplement exceptionnelle. Cette balade a d’ailleurs laissé quelques séquelles quant à la fraicheur de mes jambes, mais le rythme est honorable. Le Grand Ballon est devant nous, avec un dernier ravitaillement avant d’arriver à son sommet. Dans ma tête, je me dis qu’arrivé en haut, la course sera presque finie, car il ne restera majoritairement que des descentes… il faut bien se convaincre et se motiver d’une manière ou d’une autre ! Arrivé en haut, nous sommes sur le toit de l’Alsace et donc le point culminant (1424m) de ce trail; il fait gris et particulièrement venteux, on ne s’attarde pas et on attaque la plus longue descente de l’épreuve. Avec 4 autres coureurs nous l’abordons avec une bonne vitesse et les 1000 m de d- sur 9km sont avalées en 50 petites minutes ! Dans la descente, j’ai une légère alerte sur le côté du genou qui au bout de quelques kilomètres partira comme elle est venue…. plus de peur que de mal, je peux attaquer la dernière montée avec sérénité: l’objectif est de partir du village de Lautenbachzell situé à 400m d’altitude pour monter au Petit Ballon situé à 1272m. Durant la course j’avais entendu échanger deux coureurs qui affirmaient que beaucoup abandonneraient dans cette ultime ascension. Me concernant j’ai une belle forme et grosse envie d’arriver sur ce tout dernier sommet avant de rejoint Muhlbach… mais c’est long ! De la forêt et une montée très régulière sans trop de surprises. Il n’est plus question de courir, je parviens à dépasser un coureur, un autre me dépasse, le tout en poussant comme un acharné sur les bâtons : 1h30 d’effort plus tard, me voilà en haut ! A la sortie des bois on aperçoit au loin le Grand Ballon, avec sa boule sans les nuages, toute petite, lointaine et ça fait franchement plaisir.

Dernier ravitaillement, je décide de m’arrêter un peu et je discute quelques mots avec les bénévoles, sympathiques et serviables comme d’ailleurs sur l’ensemble des autres ravitaillements… merci à eux. Je repars et quelques efforts plus tard je rejoins le Grothkopf, qui pour moi résonne comme le bouquet final de cette boucle: l’endroit est simplement magnifique: les roches entreposées en vrac sur les chaumes rendent l’endroit extraordinaire, on a presque pas envie de le quitter. Il reste cependant 7km de pure descente, dans un cadre toujours aussi formidable. Je les aborde à une vitesse moyenne de 5’28 min/km. Je rejoins les coureurs du 32 km qui partagent la fin du parcours. Quelques foulées dans les bois et la ligne d’arrivée est devant : je boucle cet UTDM à la 44ème place sur 245 partants en 9h36min24s. Ma trace Movescount est ici:

Relive ‘Ultra trail des Marcaires ✌🏻🏃🏼‍♂️🌱juste génial ‘

blanc

Les Marcaires sont les Marcaires: quelle que soit la formule les paysages sont extraordinaires (Hohneck, Grand Ballon, Petit Ballon, GR5…) et les parcours sont exigeants, sans doute un des trails les plus exigeants du circuit vosgien. Les bénévoles sont au tops, à l’image de l’ensemble de l’organisation (balisage, ravitaillement…). Même sur cette nouvelle formule, il n’y a dire que du positif. Un grand bravo à eux, j’étais tellement bien que je n’ai jamais senti de lassitude, avec presque une envie de faire un deuxième tour !

Ma trace GPS:

Distance totale: 71.8 km
Altitude maximum: 1426 m
Altitude minimum: 424 m
Denivelé total positif : 4122 m
Denivelé total négatif: -4122 m
Vitesse moyenne: 8.97 km/h
Durée totale: 09:36:25
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Autres liens…

  • Le classement est disponible sur le site officiel, ici.
  • Les photos, par Nicolas FRIED, sont ici (à regarder et mettre dans le panier, elles sont tops !).

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