Mon Tour de la Vallée de la Thur (96km, 4400 md+) en trail

Le tour de la vallée de la Thur, en courant. Directement inspiré, copié même de l’animation proposée annuellement (depuis 1976!) aux randonneurs par le Club Vosgiens de la Vallée de Saint-Amarin qui consiste à randonner 96km pour 4400m d+ sur une boucle montagneuse partant de Saint-Amarin et en forme de « 8 » autour de la Vallée de la Thur. Comme ce n’est pas conçu pour les coureurs, je décide de faire la boucle de ma propre initiative, en solo: au programme, réaliser la boucle sur deux jours (les marcheurs ont 24h00 pour la finir), avec une étape intermédiaire, en mode trail.

Pour ça, je m’équipe de mon camelbak 1,5 litres , gourde 0.5 litre avec boisson sucrée, ma montre Suunto Ambit 3(testée ici)  chargée de la trace GPX du circuit, short, casquette, un coupe-vent, barres céréales, bâtons de trail, lunettes de soleil, quelques euros pour le logement et les ravitaillements, pince à tiques, bandeau anti-sueur Made in Alsace de l’Atelier de Bercelyne, chaussures de trail, téléphone avec la trace GPX avec l’application Viewranger (testée ici), et de la volonté….  récit:

Jour 1: Saint-Amarin – Rouge Gazon.  Le départ se fait depuis le centre de Saint-Amarin, quelques foulées suffisent pour quitter le village désert en ce matin de jour férié. La mise en jambe est simple puisqu’il faut monter sur les crêtes vosgiennes pour rejoindre le Markstein avec une première ascension de 7km pour 800m de dénivelée. Un passage vraiment très coloré de fleurs sur les hauteurs de Saint-Amarin, un long moment dans la foret, le tout en trottinant mais sans se presser et les chaumes apparaissent déjà. Le Markstein et ses animations se voient rapidement, et c’est le début d’un magnifique et assez facile passage, de presque 14km, sur le GR5 et les crêtes vosgiennes avec la plaine alsacienne sur la droite, la lorraine sur la gauche. Quelques foulées sur des plaques de neiges résiduelles et entre les myrtilliers. Je quitte les crêtes pour aborder la première descente à travers les bois sur un single et ce direction de Col de Bramon (956m). Ce petit sentier offre d’ailleurs un super panorama sur le lac de Kruth-Wildenstein situé en contre bas. Arrivée au col de Bramont… de la route, et pendant un long moment: 6km… c’est pour moi un peu le point noir de ce tour, mais elle a tout de même deux avantages: de pouvoir courir un peu plus rapidement le temps du passage et qu’elle est très très peu fréquentée (2 motards croisés). A son bout, au 32ème kilomètre, l’Auberge de la Chaume du Grand Ventron, l’occasion pour moi de me prendre un coca servant de ravitaillement. A cet endroit, j’alterne les passages entre les Vosges et le Haut-Rhin. Les sentiers ne sont pas spécialement techniques mais certains passages, parfois abruptes dans les descentes demandent tout de même une attention particulière.

J’avance, j’avance et après un passage par le col d’Oderen, j’attaque l’avant dernière montée et je m’écarte -involontairement – de ma trace pour passer à la Tête de Fellering (pas de détour) et son ambiance idyllique: c’est vert, ensoleillé, paisible, préservé, indispensable! L’objectif est de rejoindre la Ferme de Drumont, qui passe à côté de la table d’orientation du Petit Drumont. Je fais l’effort de monter jusque celle-ci et c’est sans regret: le panorama est magique avec une vue imprenable sur le massif vosgiens. Les randonneurs sont allongés dans l’herbe et moi je repars et commence l’ultime descente de cette journée par le chemin des Russiers. Arrivée au col de Bussang (750m d+), deuxième ravito-coca au Moto Hotel du col, dans un décor et une ambiance 100% motards garantie, un lieu à connaître. J’ai à cet instant couru 43km et 1700 m de dénivelé positif; il reste précisément 7 km de pure montée pour rejoindre le Logis du Gazon Rouge dans lequel je vais passer la nuit. Bien que épuisé, j’aborde cette dernière ligne droite avec sereinité et un magnifique passage à la Chaume des Neuf Bois et ses trois petits lacs donne du baume au coeur.

Arrivé au logis du Gazon Rouge situé sur le petit domaine skiable du même nom, c’est l’occasion de prendre une douche bien rafraîchissante, reprendre des forces, procéder  à une bonne séance d’étirement pour préparer les muscles à la deuxième partie de la boucle, le tout sous un bel orage: il valait clairement mieux être à l’abri!

Bilan de ce jour 1:  Distance : 54.97 km; Durée -sans les pauses- : 7h23; Dénivelé positif: 2600m; Dénivelé négatif 1901m; Vitesse moyenne 7.6km/h; altitude max: 1273m.

Jour 2:  Rouge Gazon – Saint-Amarin: Au réveil, un seul objectif, boucler la boucle. Il fait déjà chaud, je pars à 09h00 du logis. Comme la veille, la journée commence par une ascension, mais plus petite en direction du Rimbachkopf (1295m), et ce en passant par le Gazon Vert puis le Col des Perches… juste de quoi s’échauffer un peu. Je sens que les jambes sont moins fraîches et les relances sont difficiles. Contrairement à la veille, je ne cours presque plus dans les montées et ce malgré l’aide de la poussée sur les bâtons. Ce morceaux est très forestier et c’est au 57ème kilomètre que l’on retrouve les chaumes vertes et fleuris,  avec le bleu du ciel et un ensoleillement optimal, c’est simplement magnifique. J’ai énormément apprécié ce passage de toute beauté d’une longueur de 4km au pied du Belackerkopf, du Vogelstein, et du Rossberg. Ce petit bout de chemin, c’est presque un condensé de ce qu’offre ce tour de la Vallée de la Thur. C’est juste après le refuge de Rossberg-Waldmatt que je quitte les hauteurs pour un gros plongeon direction Thann. Sur ce tronçon c’est exclusivement de la foret, un peu plus fréquentée en raison du passage de la route et la possibilité pour les randonneurs de garer leur voiture. C’est aussi l’occasion pour moi de croiser quelques coureurs.

La descente direction la vallée fait elle 9km avec une perte de dénivelé de 800m, mais n’est cependant pas technique et se fait en courant, même au milieu du deuxième jour d’effort. J’ai en tête l’ultime montée de mon « TVT » et je sais que ce ne sera pas simple. J’arrive à Thann, me repose quelques instants, me prend un coca dans une superette tenue par un gérant qui doit avoir des nuits difficiles avec une seule obsession: que les clients laissent leur sac à l’entrée, mais c’est normal j’ai la casquette à l’envers, je suis un voleur. Bref… du soda plein les veines, j’attaque la dernière montée -de 1000 m d+ – en direction du Grand Ballon. Là, je suis rattrapé par la réalité, je ne ferai que marcher, je n’ai plus de force pour trottiner. Le ciel se ferme, je croise les doigts pour que les nuages noires ne se transforment pas en orage, et bien qu’équipé pour la pluie, moralement je n’en ai pas envie. Un petit passage agaçant (car je ne trouve plus mon chemin, pourtant sous mes yeux) à côté de la ruine du château de Freudnstein, avec le radar blanc du Grand Ballon en face de moi à porté de main, je peux presque le toucher. Mais il faut continuer à monter cet interminable chemin qui après le Col Amic rejoint le GR5. A environ 1km du radar, je m’aperçois que la trace que je suis depuis deux jours ne passe pas par le Grand Ballon. Pas question pour moi de ne pas monter tout en haut alors que ça fait deux jours que je convoite le sommet, un peu comme un aboutissement ou une récompense. Je prends donc un autre itinéraire, qui ne rajoute pas de kilomètre mais de la montée.

Je suis enfin en haut, sur le Grand Ballon, point culminant du massif des Vosges et la Région Grand Est, symbolisé par son radar servant à l’aviation civile et son monument hommage aux Diables bleus, les chasseurs alpins de la première guerre mondiale. Je suis à 1425 m d’altitude et la vue à 360° sur les Vosges du Sud ne donne pas envie de redescendre. Pourtant, il faut, et je m’enfonce dans la foret, direction Saint-Amarin pour le dernier grand plongeon direction le fond de la vallée et l’arrivée. Le chemin est d’abord constitué d’une route forestière très linéaire, et ensuite un petit sentier bien plus diversifiant. Je m’arrête à un dernier point de vue, suffisamment bas pour deviner ma voiture garée en contre bas et je livre mes derniers efforts pour la rejoindre. Les premières maisons de Saint-Amarin montrent leur bout du nez, le chemin de terre se transforme en une petite rue en macadam, je traverse le village en marchant comme pour savourer juste un peu plus longtemps les deux jours passés. Je rejoins la voiture, la boucle est bouclée.

Bilan de ce jour 2:  Distance : 46.25 km; Durée -sans les pauses- : 6h33; Dénivelé positif: 1762m; Dénivelé négatif 2468m; Vitesse moyenne 7.1km/h; altitude max: 1422m.

Pour résumer, ce « TVT » est vraiment un tour exceptionnel d’une petite centaine de kilomètre, offrant régulièrement des panoramas grandioses, avec ses difficultés et passages plus faciles, il offre vraiment des formidables moments et des souvenirs pleins la tête ! C’est tout à fait praticable en trail car globalement pas très technique. Je pense que la découpe un peu déséquilibrée entre le premier jour (55km) et le deuxième jour (46km) était finalement une bonne chose, afin de profiter de la fraîcheur du premier jour. Une j’ai pensée pour les randonneurs héroïques qui pour certains font la boucle d’une seule traite, bravo à eux.

Desidées de logement :

  • Moto-Hôtel du Col de Bussang, 88540 Bussang (47ème km du TVT) , site internet.
  • Logis Le Rouge Gazon, 88560 Saint-Maurice sur Moselle (55ème km du TVT ), site internet.

Latrace Openrunner du TVT avec trace GPX, c’est ici.

Mes traces Movescount du TVT:

  • Jour 1: Saint-Amarin – Rouge Gazon, c’est ici.
  • Jour 2 : Rouge Gazon – Saint-Amarin, c’est ici.

Quelques autres suggestions de parcours de trails vosgiens de ce type, testés et commentés:

  • Sortie Cathédrale de Strasbourg – Mont Sainte-Odile – Barr (50km, 800 md+), c’est ici
  • Trail en Alsace sur le GR5 de Ribeauvillé à Thann (104km, 4200 m d+), c’est ici.
  • Courir de Schirmeck à Barr, par le GR5 (42km, 1300 md+), c’est ici.
  • La Vallée de la Bruche de Mollkirch à Schirmeck par les GR (38km / 1400 md+), c’est ici.

Le site officiel du TVTdestiné à la traditionnelle randonnée annuelle: TourDeLaValleeDeLaThur.com

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