Mon Grand Défi des Vosges 2018: 19ème/374

C’est le premier trail de l’année, le premier de mon ambitieux programme 2018, et c’est aussi le premier week-end ensoleillé de l’année. Parfait pour courir ce fameux Grand Défi Des Vosges de 43km et 1500 m de d+. Le réveil est douloureux, mais la cause est bonne: retrouver le parfum du trail après une année 2017 quelque peu chaotique de ce point de vue là. Je ne m’étais pas forcément fixé d’objectif mais un petit 4h00 serait le bienvenu… Je cherche Christophe, nous arrivons sur place et le temps de saluer quelques personnes habituées des lieux (Philippe le kiné, Jacquie et Olivier de Endurance Shop Haguenau et Strasbourg, etc…), de boire un petit café et il faut déjà sortir du gymnase. Quelques foulées en guise d’échauffement, et le départ est donné par Didier AMET le Directeur de Course et président de l’association organisatrice, les Vosgirunners: je me retrouve très rapidement parmi le groupe de tête, et pour une fois il n’y a pas de sprint fou dès le départ. On sort de la ville de Niederbronn et ça monte direct ! Mais ça ne casse pas, c’est courable et ça accélère l’échauffement. Mathieu MOTSCH (Endurance Shop Haguenau et Colmar) l’ultra traileur alsacien à qui rien ne fait peur est juste devant moi, mais sa facilité pour monter cette première pente te fait vite comprendre que tu ne joues pas dans la même cour. A peine le temps d’y penser, il disparaît dans les bois.

La vitesse est particulièrement vive en ce début de course; on frôle les 13km/h sur les 10 premiers kilomètres et ce malgré les montées! Le passage entre les châteaux du Windstein (dont celle du vieux qui a une configuration hallucinante!) est plus compliqué et là pour le coup, la vitesse s’effondre. On a le droit à une ou deux surprises sur des chemins de descente un peu improvisés dans les bois, sur des chemins qui ne sont pas vraiment des chemins: prudence. Ces descentes contrastent avec le terrain de ce trail qui est relativement peu technique. On est épargné par le soleil, les nuages faisant un bon boulot pour nous protéger. On se dirige vers Dambach, sous les applaudissements des villageois et autres spectateurs: ça fait du bien ! Nous sommes au 28ème kilomètre, mon genou pourri semble ne pas poser de problème aujourd’hui mais la montée vers le Col de Riesthal est compliqué, je n’ai plus de jus, la machine est à plat. Je regarde ma montre de plus en plus régulièrement, le temps défile mais les kilomètres, eux, sont au point mort.

Juste après une fusée vient de ma gauche. C’est Emmanuel ALLEMBACH qui surgit de sa MAC VI. Sympa il me demande ma position, et je devine naturellement la sienne. Il me parle comme s’il était à la terrasse d’une café, je lui réponds comme si c’était ma dernière heure. Pareil, en quelques secondes il disparaît au loin. Peu de temps après c’est Maxime RAUNER qui me dépasse. C’est un bien pour un mal car leur foulées me redonnent un rythme. La dernière ascension, vers la Tour du Wintersberg se fera en marchant, pas le choix, il n’y a plus les forces pour trottiner et encore moins courir dans cette courte mais rude montée. J’aperçois enfin la tour, et me voilà au point culminant des Vosges du Nord (581m)… je me prends le temps de faire un stop un peu plus long au ravitaillement, le temps de boire un bon coca réchauffé par le soleil, et il faut déjà repartir. En  théorie les 8km ne sont presque plus que de la descente mais mes jambes sont tellement fatiguées que j’ai le sentiment que ça monte, même quand ça descend! Je regarde ma montre toutes les 20 secondes avec la seule obsession de finir. Un ou deux concurrents profitent de ma misérable situation pour me dépasser ce qui me donne un dernier coup d’orgueil: s’ils y arrivent, j’y arrive aussi. On entend enfin du son, celui de la batucada, percussions brésiliennes traditionnelles jouées par le groupe des Z’enflammés qui sont en train de mettre le feu à tout Niederbronn. J’ai hâte de finir et j’expédie les 3 derniers kilomètres de descente en 13 min. La ligne d’arrivée est devant moi, le live track m’annonce une satisfaisante 19ème place sur 374 arrivants. Je boucle ce chouette “montain marathon” en 04h08min. (Distance: 43,54 km, Vitesse: 10,5 km/h, Allure:5’42 min/km, Asc: 1487 m, Dsc: 1475 m, Durée de l’ascension: 2:21’55, Durée de la descente: 1:43’00).

Ma trace Movescount est ici.

Content de ma position avec une préparation timide en raison d’un genou instable, je suis satisfait d’avoir donné tout ce que j’avais ce jour là. Les Vosges du Nord avec leurs pins, leurs chemins sableux, les châteaux en ruines et leurs pitons de grès sont décidément un super terrain de jeu pour les traileurs. Le tout combiné avec une organisation rodée et sympathique, les courses natures de Niederbronn sont des courses incontournables pour lancer sa saison de trail !

Le podium scratch de cette édition 2018:

  • Mathieu MOTSCH (FR) 03h34min58s
  • Janosch KOWALCZYK (DE) 03h35min39s
  • Martin SCHEDLER (DE) 03h35min56s

Distance totale: 43.83 km
Altitude maximum: 580 m
Altitude minimum: 225 m
Denivelé total positif : 1684 m
Denivelé total négatif: -1672 m
Vitesse moyenne: 11.85 km/h
Durée totale: 04:08:17
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