Mon récit de l’Infernal Trail 60 (Saint-Nabord, 88)

L’infernal trail, c’est pas si infernal ! Le début de la course est donné sous un ciel gris mais clément, un peu à l’inverse des pluies fortes prévues. Nous faisons un tour de la zone de départ sous les acclamations des nombreux spectateurs. Nous traversons la ville de Saint-Nabord, nous n’avons même pas encore atteint les chemins de trail que j’ai déjà les jambes fatiguées, au bout de 5min, ça commence bien ! Une conséquence de la formidable et mémorable nuit (3 dans une chambre de 10m², odeur de thon, 35 °C, à côté d’une route nationale et le plus gros ronfleur de l’histoire à 40cm de mes oreilles)… Nous rejoignons un champ pour aborder la première montée, qui elle est, pour le coup, littéralement infernale : on fait un tout droit dans la forêt sur un chemin que je soupçonne avoir été tracé spécialement pour l’occasion ! On sort les bâtons pour attaquer cette première ascension de plus de 400m de d+ sur 2.5km!. La descente qui en suit est tout aussi terrible : je me dis alors que si les 60km qu’il reste à courir sont aussi complexes, ce sera très (très, très, très…) compliqué ! La pluie commence à tomber, rendant les sols glissants et boueux mais ce n’est pas très pénalisant puisque la vitesse moyenne est lente en ce début de course, et ce en raison de la technicité du parcours. Les groupes commencent à s’éclater au bout de presque 2h30, c’est déjà le premier ravitaillement du côté du Syndicat. Je discute de longs instants avec un coureur originaire de la Marne ce qui aide le temps à passer plus vite. Je suis bien, j’ai les jambes qui vont bien et les dénivelés sont moins brutaux : les chemins ressemblent déjà plus aux surfaces sur lesquelles j’ai coutume de m’entrainer.

Malgré les kilomètres qui s’égrènent, je parviens à maintenir une allure course dans les montées douce et une bonne poussée sur mes précieux bâtons dans les montées abruptes. Il est presque midi et le changement de météo initialement prévu à bien lieu… mais pas dans le bon sens : la pluie se transforme en déluge et les chemins en petits torrents ! Là on est bien, on voit bien la Vie en Vosges de bien près. En fait c’était même plutôt agréable car grâce à la pluie l’organisme n’était pas en surchauffe ! Par contre, on a la tête dans les nuages ce qui empêche de profiter des paysages, même si ce trail est globalement boisé. Les ravitaillements s’enchainent, celui de Rehenrrey vient de passer et je suis déjà à la mi-course. Direction le prochain à 11km plus loin et je commence à trouver un bon petit rythme. Pour une fois je ne me fais pas dépasser de toutes parts, mais c’est moi qui dépasse les autres concurrents : c’est suffisamment rare pour être souligné. Les chemins sont globalement des routes forestières ce qui permet d’accélérer le rythme.

Arrivé au kilomètre 50, petit vent de panique : un coureur qui vient de faire demi-tour arrive face à moi, complètement désabusé et se plaint de ne pas retrouver le chemin : à juste titre, on retrouve plein de petites marques orange et des morceaux de rubans posés anarchiquement au sol, comme si quelqu’un s’était amusé à débaliser notre parcours ; ce qui a surement été le cas à la lecture de la presse local Vosges Matin le soir même. Je fais une nouvelle fois demi-tour pour finalement décider de continuer. C’était la bonne solution puisqu’il fallait juste un peu insister. Deux coureurs en profitent pour me dépasser et il me reste une vingtaine de kilomètre à courir. Ça commence à faire un peu long puisque je vais courir les deux dernières heures absolument tout seul. Je vais parvenir à dépasser quelques coureurs du 200km qui partagent leurs derniers longs instants avec nous. Je les encourage tous, pour tenter de leur transmettre un peu de mon admiration : ces coureurs-là sont des héros, des vrais, je me sens presque petit à côté d’eux. Le dernier tiers du parcours est un peu plus simple, mais une des dernières montées juste après les Acensements est assassine : cette fois les jambes piquent pour de vrai, il est temps d’arriver ! On commence à entendre au loin le speaker qui anime la ligne d’arrivée, et ce de plus en plus distinctement : il reste une dernière descente dans laquelle je me fais doubler par un concurrent qui volait littéralement ! Je parviens à le suivre et l’euphorie de l’approche de l’arrivée nous mène vers la ligne d’arrivée à presque 11km/h de moyenne sur les 3 derniers kilomètres. A quelques dizaines de mètre de la délivrance l’animateur annonce mon nom mais surtout une étonnante douzième position ! Surpris, mais tellement content, c’est donc avec le sourire que je boucle ce trail de 69km et 2850 m d+ au bout de 08:24:56 de course à une satisfaisante 12ème place sur 365 partants (et 7ème de ma catégorie SENIORS HOMMES).

Mes stats de la course sont sur Movescount.

Les plus:

  • Gros travail d’organisation : un gros bravo à eux et à l’ensemble des bénévoles présents sur le parcours : des encouragements à chaque ravito, des bénévoles aux petits soins qui vous assistent pour remplir vos gourdes, des sourires, des mots sympas, bref une belle équipe ! un village trail avec des arches de départ et d’arrivée impressionnants, un très bel évènement ! Bravo à toutes l’équipe de l’Infernal Trail. Dans le même ordre, un travail de balisage unique : sous forme de drapeaux, marques au sol, petits carrés roses, rubans, tout y était, et en nombre pour ne pas se tromper. Vraiment impressionnant.
  • Me concernant, belle satisfaction sur mon état de forme après un arrêt forcé de 4 mois en raison de douleurs à mon psoas. Après seulement un mois et demi de reprise, l’Infernal Trail 60 était une belle occasion pour moi de me rassurer, ben me voilà rassuré ! avec du recul c’était peut-être même bénéfique sur certains points, avec notamment de longues randonnées durant ma convalescence qui m’ont permis à apprendre à pousser sur les bâtons !
  • Toujours me concernant, je conclue mes vacances estivales avec cette belle satisfaction vosgienne, mais au-delà de ça, les trois dernières semaines étaient sportivement intenses : de la course des Crêtes Vosgiennes (mon récit ici) , à Saint-Nabord en passant par Belle-Ile-en-Mer, ou en testant le parcours du trail de la Hasel, ces trois dernières semaines étaient très riches, baskets aux pieds !
  • Enfin un petit mot pour le gendarme et le ronfleur: bravo les gars ! en franchissant la ligne d’arrivée, lessivé, j’ai tout de suite pensé à vous en me disant que je n’avais fourni que la moitié de ce que vous aviez à donner sur votre Infernal 120. Vous êtes des bêtes, je vous kiffe et clapping pour votre classement, même si Marc se dope au Pedigree Dentast de son chien.

Et les coups de gueule :

  • La météo, compliquée car pluvieuse comme sur le 87 km du Trail de la Vallée des Lacs 2016. Personne n’y peut rien, mais c’était brumeux, mouillé, parfois trempé ou froid, sans un seul rayon de soleil. C’est dommage car j’aime bien prendre quelques instants pour contempler les paysages dans lesquels je cours ! Il va falloir le refaire !
  • Enfin, comment ne rien dire sur le débalisage ! Une attitude stupide, mettant à mal des heures de travail de l’organisation et perturbant les coureurs. Qu’importe la raison c’est déplorable. Pour ma part ça ne m’a pas finalement pas trop embêté, mais la personne qui a fait ça doit sûrement avoir l’intelligence d’un caillou, et encore c’est pas sympa pour le caillou.

Le tracé:

Distance totale: 70.2 km
Altitude maximum: 868 m
Altitude minimum: 383 m
Denivelé total positif : 3308 m
Denivelé total négatif: -3299 m
Vitesse moyenne: 9.82 km/h
Durée totale: 08:25:00
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