Le trail une activité polluante? Mon bilan CO2 sur une année!

Le trail, l’alternative nature de la course à pied sur route. Nature. Kilian Jornet sur son site internet présente son sport comme « moyen de découvrir des paysages intérieurs et extérieurs », le site internet Runners.fr évoque le trail en précisant que c’est une « Communion avec la nature », Wikipédia définie la discipline comme un sport qui « qui se court également sur un terrain naturel » et enfin sur le site officiel de l’UTMB on apprend que les traileurs seront en « contact des plus beaux sommets, dans un décor alpin unique au monde ». Evidemment ils ont tous raison, mais ça reste selon moi globalement incomplet puisque, paradoxalement, la pratique du sport à un impact sur l’environnement. Et pour le trail, malgré son image de sport vert et de sport nature, cet impact n’est peut être pas si négligeable. En gardant l’exemple de l’UTMB, le déplacement des coureurs, provenant parfois de -très – loin (près de 80 nationnalitées représentées), leur famille, la logistique, les bénévoles, difficile de négliger l’impact qu’à une course de trail de cette ampleur sur l’environnement et ce même si les organisations intègrent de plus en plus la notion dans leurs démarches. C’est encourageant.

A titre personne, j’ai pour cela tenté d’évaluer mon « impact carbone trail » sur une année complète (2016) en y intégrant trois lignes de calculs:

  1. le transport et les déplacements
  2. les équipements
  3. l’alimentation.

 

1. Le transport et déplacement:

Il m’est arrivé de devoir faire près de quatre heures A/R de route pour courir cinq heures. Les épreuves de trail en montagnes vosgiennes se déroulant généralement à 1h à 2h de chez moi. Si je souhaite y participer, je n’ai pas le choix que de sauter dans ma voiture; il en est de même pour mes entraînements trail en montagne: les premières montagnes, comme celles du Mont Sainte-Odile sont à 80 km (aller et retour) de route de chez moi. Pour le quotidien, c’est environ 10km (aller et retour) qu’il faut rouler pour sortir de la ville et gagner les premières bosses du Kochersberg. Tout ce cumulé, voici le bilan d’émission carbone de l’utilisation de ma voiture pour mes activités de trail, sur une année complète:

trail-et-ecologie-co2-transport

1,6 tonne de CO2 attribué aux déplacements liés à ma pratique. C’est un bilan environnemental assez lourd pour pouvoir pratiquer un sport nature. Bien sur ce chiffre pour varier selon si l’on s’entraîne devant sa porte où si l’on roule 4 heures pour trottiner 15 kilomètres, mais reflète globalement mon activité et mes habitudes.

Pour l’an prochain je tenterai de systématiser les propositions de covoiturages via les sites et applications spécialisées afin de prendre d’autres coureurs avec moi et optimiser les trajets. Les organisateurs de trails pourraient par ailleurs proposer à travers leurs sites internet ou leurs pages Facebook une rubrique covoiturage afin que les coureurs puissent entrer en contact entre eux et s’organiser sur des solutions de covoiturages.

2. Les équipements:

Le traileur est équipé, ce n’est pas un secret. Du vêtement pour l’été, du vêtement pour l’hiver, du vêtement de pluie mais aussi de la chaussure, souvent plusieurs paires. L’ensemble de ces accessoires ont également  un bilan carbone de part leur cycle de vie, de leur production à leur élimination. Pour calculer l’impact environnemental de l’ensemble de ces objets, il m’a fallu estimer les différents achats que je réalise sur une année et trouver sur des sites spécialisés et des études sur internet l’impact CO2 de chacune de ces lignes de consommation. Comme je suis un runner-geek (et oui, le blog ne se tient pas tout seul), j’ai ajouté dans ma réflexion l’ensemble des équipements électroniques nécessaires à la réalisation de ce blog: smartphone, montre GPS, PC et box internet.

tableau-trail-co2-blog

*1 Source étude Massachusetts Institute of Technology.
*2 Source consoglobe.com/annee-renonce-achat-vetements-3900-cg
*3 Source Coachcarbone.org
*4 Source Coachcarbone.org
*5 Estimatif selon diverses recherches

J’entends que l’on peut peaufiner (consommation des piles des lampes frontales, fabrication des accessoires, peser au gramme les vêtements achetés -qui est d’ailleurs une variable d’une année à l’autre- , …), mais ce tableau d’émission reste estimatif et donne une tendance: près de 300kg de CO2 émis pour la fabrication de l’équipement. En gardant à l’esprit cet aspect écologique, il est important de ne pas acheter pour suivre la mode, mais remplacer son matériel lorsqu’il est réellement obsolète ou usé. Il est nécessaire de garder à l’esprit que l’équipement ne fait pas que les performances et qu’il n’est pas toujours nécessaire de changer ou renouveler quelque chose d’encore fonctionnel ou utilisable.

3. L’alimentation:

Là encore l’impact précis est complexe à déterminer … ma méthode est de déterminer en premier lieu, les calories moyennes nécessaires à la pratique du trail. Pour ce faire, c’est simple, ma montre Suunto Ambit 3 (testée ici) et la plateforme de gestion de mes sorties Mouvescount comptabilise mes calories par sortie; ramenée à une moyenne journalière, cela donne 500 kCal de dépensées par jour pour la pratique du trail: soit une augmentation calculée de 22% par rapport à un besoin calorique moyen journalier d’une personne ne pratiquant pas d’activité sportive. De calories en kilos de CO2 celà donne une augmentation de 350kg de CO2 émis annuellement par la production et ma consommation des aliments supplémentaires nécessaires à la pratique du trail.

*1 Par jour, Estimatif selon diverses recherches
*2 Par jour, Source Mouvescount
*3 Hors trail, Source Coachcarbone.org

Conclusion:

Le tout cumulé, j’estime que mon émission de CO2 sur une année (2016)  est de presque 2,3 tonnes. C’est un bilan relativement important puisque, à titre comparatif et selon les sources, un français émet en moyenne environ 7 tonnes de CO2 par an. Il est important de préciser que cela est une estimation et que les chiffres sont ajustables. Bien que se déroulant dans des grands espaces verts, la pratique du trail n’est pas sans conséquences pour l’environnement, mais il existe des leviers pour minimiser ou compenser.

Les alternatives: De plus en plus d’organisations de trail se disent vertes en mettant en place des chartes environnementales, en prenant des engagements eco-responsable. C’est bien, ça va dans le bon sens, mais ça n’empêche pas ou ne limite que très peu les impacts environnementaux qu’a chaque coureur à travers ses participations aux compétitions ou à la pratique de l’entraînement. Me concernant, j’ai décidé d’agir, dans un objectif de baisser au maximum l’impact, de manière directe ou indirecte:

  • Proposer au covoiturage tous mes déplacements trails sur les courses organisées sur Blablacar: mes émissions personnelles ne se réduiront pas directement, mais indirectement avec les autres coureurs qui n’auront pas à utiliser leur véhicule.
  • Reverser 1/3 de mes revenus annuels issus de mes gains sur le covoiturage BlaBlaCar à des organismes de compensation carbone. Le principe de ces organismes est d’utiliser cet argent pour soutenir des projets de réduction d’émission de CO2 au niveau national ou international. En fonction de la somme reversée, il est indiqué la réduction des émissions de CO2 que les projets soutenus ont permis.
  • Dévelloper un groupe Facebook pour permettre d’organiser du covoiturage entre coureurs sur les courses à pied et trails locaux  pour permettre au coureurs d’organiser plus facilement leurs déplacements entre eux (en cours de réflexion).
  • Continuer à favoriser mes déplacements en pratiquant le VéloTaf (environ 4500km/an en vélo contre environ 1000km/an en voiture pour me rendre au travail) afin de minimiser l’utilisation de ma voiture.

Et bien sur, même si cela est une évidence, des gestes de civisme et des bonnes attitudes sont à adopter pour préserver les montagnes, avec par exemples:

Rester sur les chemins balisés, couper dans la forêt abîme et casse la végétation.
Emporter l’ensemble de ces déchets et prendre soins de ne pas les « égarer » dans la nature: pensez à refermer vos fermetures éclaires ! Ne pas hésitez à se baisser
Ne pas piétiner la flore, ni la faune: faire attention où l’on pose ses pieds !
Respecter l’ensemble des interdictions et le règlement des lieux que l’on traverse (pointes métalliques des bâtons, animaux de compagnies…)

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