Le Grand Trail de la Vallée des Lacs (87km /4500d+) : mon récit de course

Tour juste 15 jours après le Trail des Roches du Dabo (récit ici), je repars sur les chemins montagneux lorrains… Nous sommes vendredi et après une journée de travail je file directement à Gérardmer la veille du départ. Direction le camping du Ramberchamp, situé à 300 mètres du départ. L’objectif est de courir le Grand Trail de la Vallée des Lacs, trail vosgiens – ultra trail par définition- avec ses 87km et 4500m de d+ affichés. Je rejoins Martel qui est déjà arrivé et Marc, le désormais célèbre porteur de gourde arrivera un peu plus tard. La soirée sera bien sûr courte (la nuit tout autant…) puisque le départ est donné en nocturne, à 4h00 du matin avec un réveil programmé à 3h05.

Nous sommes samedi, il faut se lever et braver la fraîcheur et l’obscurité vosgienne. Après un formidable petit déjeuner royal basé sur du Pitch écrasé et du café tiède, nous nous équipons, je mets ma topographie fournie par le site Topodetrail autour du poignet (mon test complet du produit est ici) et nous nous rendons sur la ligne de départ de la course. Étrangement je ne suis pas stressé, pas plus angoissé face à ce qui va devenir la plus longue distance que j’ai jusque là couru. Sur le départ, l’organisation annonce quelques petits changements de parcours qui sera raccourci en raison de chutes d’arbres: tout le monde trouve ça dommage, moi pas!  pas de grosse animation, peut-être pour ne pas réveiller les voisins…! il est 4h00 et c’est parti: nous traversons une partie de Gérardmer sous les applaudissements de quelques jeunes fêtards pas encore couchés. Nous attaquons les premières montées autour du domaine skiable, nous sommes frais et il fait frais. Le jour apparaît petit à petit, les lampes frontales s’éteignent tout doucement les unes après les autres.

Nous avançons vers les hauteurs de La Bresse et alternons les passages dans les nuages et sous les nuages. Nous sommes à ce moment là assez groupés entre coureurs et il est difficile de dépasser sur ces monotraces. Nous avons passé le premier quart de la course et attaquons la première montée bien piquante (400m de d+ sur un peu plus de 2km…)  autour du Lac du Corbeau. Bien que délestées par les bâtons, les jambes sont maintenant bien chaudes. C’était d’ailleurs ma première course avec des bâtons et je suis très agréablement surpris par leur utilité et les « économies » réalisées au niveau des jambes que cela apporte… je ne suis d’ailleurs pas certain que j’avais les jambes pour finir cette course si je n’avais pas été équipé de bâtons. Direction le Rainkopf, deuxième point le plus haut de cette course (1285m) qui m’est familier car j’avais déjà fait un trail (récit ici) du même nom il y a deux ans. Je cours encore à ce moment là avec Marc et Martel que je parviens pour l’instant à suivre. En montant j’aperçois au loin Julien, un traileur et membre de la Team Matrat qui est là en spectateur.  C’est toujours chouette et agréable de rencontrer des personnes que l’on connait sur un long parcours comme celui là. On court quelques centaines de mètres ensemble, il fait quelques photos et je continue mon chemin.

Nous descendons sur le versant alsacien, vers le ravitaillement à Mittlach (48ème kilomètre), commune du fond de la vallée du Munster. C’est à ce même ravitaillement que je verrai Marc et Martel pour la dernière fois. C’est aussi après ce ravitaillement que nous attaquons la plus grosse, la plus longue et la plus douloureuse ascension de l’épreuve: direction le point culminant de la course, l’hôtel du Hohneck. Nous montons pendant 7km pour gagner pas moins de 800m d’altitude! C’est long et éprouvant et il me faudra presque une heure et demie pour y parvenir. Nous sommes maintenant en haut et il y a pas mal de randonneurs, familles de coureurs et touristes pour nous encourager. Ça  réchauffe le cœur, tout comme le ravitaillement au refuge du Sotré (que l’on connait puisque nous y avions dormi lors de notre aventure de 2 jours sur le GR5). Je descends et les premières gouttes venant du ciel me tombent dessus: il ne s’arrêtera plus de pleuvoir pendant presque 3 heures… pas de doute nous sommes dans les Vosges! Personnellement ça ne m’a pas sapé le moral, ni même gêné et j’aborde les 30 derniers kilomètres mouillé comme une flaque d’eau, mais avec philosophie! Le sol, déjà mouillé par les pluies régulières des jours précédents, est à présent complètement détrempé, très boueux et certains chemins de passage se transforment en petites rivières.

Après de longs passages en forêt alternant chemins forestiers et singles bien plus techniques et rocheux, nous nous dirigeons vers le Lac de Longemer sous une pluie battante ! Le ravitaillement est abrité et il fait chaud sous la tonnelle… ça donnerait presque envie d’y rester! Je reprends des forces à base de pain de mie et de chocolat et j’attaque la dernière ligne droite de la course, il reste à présent 15 kilomètres. Sur la première montée qui suit le ravitaillement une corde est mise en place pour se tirer tant elle est pentue et le sol glissant. La fin de course ne se fera plus que dans la forêt en compagnie des coureurs du 55km qui empruntent le même chemin que nous pour rejoindre l’arrivée. Ma montre qui a buggé m’indique qu’il reste 2km à courir mais un coureur m’annonce 7km, mais ce n’est pas forcement grave je ne suis plus à ça près. Dans la dernière descente on aperçoit au loin un lac, et cette fois-ci c’est le bon, c’est celui de Gérardmer à côté duquel est placée l’arche d’arrivée. Il y du monde à l’arrivée et je boucle la boucle de (finalement) 84km sous les « applause » en 12h55min23s. Je suis 59ème sur 284 arrivants (pour environ 350 partants). Martel finit à la 39ème place en 12h19 juste devant Marc qui est 43ème en 12h26. Le reste du classement est disponible ici.

Bonne première expérience d’ultra trail, bien que j’ai trouvé ça un peu long, mais pas forcement plus difficile. Concernant le parcours, très gros travail de balisage (fléchage, rubans, sciure…) de la place des organisateurs, donc difficile de se tromper bien que j’aurais préféré être un peu plus longtemps sur les chaumes au détriment de la forêt. N’étant pas tiré au sort pour le Trail des Aiguilles Rouges, la suite de mon programme 2016 reste à ajuster !

La page Facebook  de partage autour de la course à pied et du trail en Alsace: Page Facebook

9 réflexions au sujet de « Le Grand Trail de la Vallée des Lacs (87km /4500d+) : mon récit de course »

  1. Beau récit, bravo ! Ca semblerait preque facile comme ça 😉 Je me souviens au bord du Lac des Corbeaux d’un encouragement d’un spectateur : « Allez Allez, courage, ça va piquer!! ». Oui en effet…. 😉

    • Merci Thomas ! On se recroisera surement au détour d’une course. Je vais peut être faire le 50 du trail du pays Welche mi juillet. Pour les entraînements du mercredi je ne pourrai surement plus venir avant la trêve estival mais je serai plus assidu à la rentrée…

  2. Ping : La topographie par TopoDeTrail, mon avis et mon test ! | VersLeSommet

  3. Ping : 50km du trail du Pays Welche 2016, mon résumé de course. | VersLeSommet

  4. Ping : Gilet hydratation porte-flasques de trail Kalenji Décathlon | VersLeSommet

  5. Ping : Trail sur les crêtes vosgiennes 35km, 1500m d+ | VersLeSommet

  6. Ping : Mon test de la chaussure de trail Mizuno Wave Mujin 3 | VersLeSommet

  7. Ping : Mon bilan trail 2016 | VersLeSommet

Laisser un commentaire